Le meilleur

Meilleur

 

 

Le meilleur

Meilleur

Certains trouveront mon classement et mes appréciations très subjectives, ils désapprouveront tel ou tel jugement comme il est bien normal. C'est pourquoi, avant d'aborder ce que je considère comme le meilleur de ce que nous a laissé le pin's, je tiens à récapituler quelques points de vue fréquemment développés sur ce site, afin de fournir quelques explications sur mes positions vis à vis de la constellation pin's.
C'est un pin's Démons & Merveilles qui a déclenché mon intérêt et ma passion pour ce petit bout de métal garni d'émail. C'est un pin's SAGGAY qui m'a révélé la perfection d'un pin's bande dessinée. C'est LMI / TABLO qui m'a fait découvrir un certain niveau d'exigence de qualité. Ces trois mousquetaires de la distribution de pin's ont porté très haut cet art, le 56ème ou le 57ème, peu importe, et nous laissent un héritage emblématique dans notre patrimoine émaillé.

Quelques critères sont pour moi prépondérant dans ma définition de l'objet pin's, s'en écarter entraine inévitablement une disqualification, en voici un rappel :

- un pin's se doit d'être émaillé, c'est une composante principale de son ADN
- un pin's est cloisonné comme un vitrail, deuxième séquence de son ADN
- la composition et le dessin doivent exercer une séduction du regard en répondant à quelques fondamentaux
- le pin's doit être lisible, ses couleurs attrayantes et son aspect robuste
- le pin's doit être au diapason de son sujet, il doit véhiculer un style et un imaginaire

Ces principes, un peu rigoristes, j'en conviens, me permettent de faire un tri et de donner une cohérence à une collection qui me le rend bien. Je me permets donc, à travers ce tour d'horizon des techniques du pin's, de classifier et hiérarchiser la nébuleuse de l'épinglette. Fort de ces réflexions, il est temps maintenant d'aborder cette dernière partie, la plus agréable, qui sera paradoxalement plus courte, elle fait déjà presque quotidiennement l'objet de publications dans ce musée, je vous renvoie donc à la visite de ses nombreuses salles à votre disposition pour y retrouver la plupart des pièces qui ont su remporter mon adhésion.

 

Email de synthèse sur zamac



Cette technique répond le plus souvent aux premiers critères énumérés en introduction de cette partie, découpes et cloisonnements y sont le plus souvent associés, la qualité de conception et de dessin vont de paire avec une signature prestigieuse, celle d'ARTHUS-BERTRAND, grand médailleur national, qui a mis sa synergie et son expérience au service du nouveau petit média moderne apparu à la fin des années 80.
D'émail, la substance appliquée n'en a que le nom puisqu'il s'agit d'une résine liquide durcissant au contact de l'air. Elle n'a pas la dureté de l'émail minéral et, de fait, accuse une certaine vulnérabilité aux agressions mécaniques et aux rayures.
Sa facilité de mise en oeuvre autorise des matrices découpées mais cependant plus épaisses d'aspect que la moyenne. La finition s'accompagne obligatoirement d'une dorure, d'une argenture ou d'un nickelage pour recouvrir le gris terne de la matrice en zamac.




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Le zamac est un alliage de zinc, d'aluminium, de magnésium et parfois de cuivre. Plutôt léger et manquant quelquefois de rigidité. Son accroche à la dorure ou l'argenture est bien moins bonne que celle du laiton ou du cuivre.
Les pièces en émail de synthèse sur zamac ne vieillissent bien qu'en vitrines, à l'abri de ses agresseurs naturels. Le port de ces pin's les condamne à une déchéance prématurée se traduisant par des griffures, rayures et altération de la dorure.
Ce détail a son importance, le succès foudroyant et éphémère du pin's a dévoyé certains fabricants pour les orienter vers une production de pure collection. L'authenticité fonctionnelle du pin's fait partie de ses vertus premières. En cela beaucoup de pin's en zamac perdent en crédibilté face à aux émissions normales. 
 

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Les principaux fabricants de cette nature de pin's sont ARTHUS BERTRAND, DECAT, LB CREATION et BALLARD.

 

Email Grand Feu ( EGF )



A tout seigneur tout honneur, combien de contrées traversées, combien de fausses routes, combien d'errances, avant d'arriver à cette destination propice à l'apaisement des esprits.
Le pin's doit beaucoup à ses précurseurs, les insignes sportifs ou militaires apposés sur les trophées, les carrosseries ou les uniformes. Les médailles, pucelles et épinglettes ont utilisé, depuis leurs origines, l'émaillage grand feu, technique artisanale ancestrale et gage de tenue dans le temps.
Pas étonnant dans ces conditions de trouver encore de nos jours des réalisations presque centenaires en parfait état de conservation. L'émail est inaltérable si l'on observe quelques précautions.
Ces émaux grand feu sont à la base des poudres minérales pigmentées qu'il faudra loger dans les alvéoles d'une matrice cloisonnée avec toutes les précautions nécessaires pour éviter les pollutions de couleurs réciproques. Cette matrice devra supporter des températures supérieures à 800°C lors de la cuisson indispensable à la fonte des poudres d'émail. Après refroidissement on obtient un émaillage dur qui forme un ménisque débordant la hauteur de matrice. Il faut alors poncer l'excédent d'émail pour l'amener à affleurer le cloisonnement et former le dessin avec précision.
 



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Dorure, argenture, anodisation ou tout autre traitement de surface constitue la dernière étape de ce long processus exigeant une main d'oeuvre nombreuse et qualifiée. Les coûts induits par cette fabrication et les compétences requises l'ont cantonné en Asie du Sud-Est où s'est développé une industrie florissante pour subvenir à l'importante demande américaine antérieure à la nôtre.
Lors de l'émergence du phénomène pin's en France et en Europe de l'Ouest les entreprises institutionnelles comme Corner-Coinderoux, Démons & Merveilles, Saggay, LMI / TABLO ont pérennisé quelques temps ce standard de fabrication avec bonheur et une grande exigence de qualité. Malheureusement le réalisme économique a fini par l'emporter, l'émail de synthèse bien moins coûteux a scellé la fin de cette belle histoire.

Si vous parcourez les salles et les galeries de ce musée vous pourrez mesurer combien la perte fut grande, car la défaite commerciale de l'émail grand feu s'est suivie d'une désaffectation pour le pin's annonciatrice de sa fin imminente.

Et pourtant que la moisson était belle, vingt cinq ans après les émaux continuent à nous émerveiller par leur jeux de lumière, leur chatoiements et leur résistance au temps.
Seul l'émail dispose de cette infinie palette de couleurs et de nuances, les additifs spéciaux apportent encore une dimension supplémentaire par des effets lamés, pailletés, dégradés ou chamarrés.
Cette technique fait entrer des métaux comme le cuivre, le zinc et leur alliage, le laiton, pour constituer ses matrices. Outre leur bonne tenue aux traitements de surface, cuivre et laiton supportent avec succès d'être laissés au naturel, leur couleur s'accorde très bien avec les tonalités d'émail et leur densité donne du poids et de la rigidité à l'ensemble.

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Des réalisations EGF en double-moule éxistent mais elles sont beaucoup plus rares que les autres, elles se justifient rarement si l'on considère la beauté simple et intrinsèque d'un pin's bien dessiné et exécuté.
Nous ne sommes plus dès lors dans l'exubérance et le clinquant mais dans l'unique respect des limites conceptuelles de l'objet. Une forme d'humilité artisanale de bonne aloi, respectueuse du travail bien fait et indifférente au chant des sirènes.
 




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Les meilleures prestations émail grand feu portent les signatures  Démons & Merveilles, SAGGAY, LMI/TABLO,  CORNER-COINDEROUX/CORNERStadium/Starpin's, WINNERJean-Yves SEGALEN  et  MFS.

Avec cet ode dithyrambique, ce serment d'allégeance éternelle à l'étendard EGF, s'achève cette revue de détail en forme de triptyque.
Le Pin's Museum possède désormais son salon d'accueil dans lequel sont collectées mes modestes réponses aux questionnements du visiteur néophyte.
J'espère vous avoir défriché quelques clairières dans la jungle que tout amateur se doit de traverser, le pied agile et l'oeil aiguisé pour trier le bon grain de l'ivraie.
Je reste ouvert à toute suggestion pour compléter ce sujet, y apporter éventuellement des corrections et des précisions, et combler les oublis dont je n'ai pas manqué.
N'oubliez pas le guide !

 

SPOT VIDEO --->


Je me suis essayé à vous confectionner une petite vidéo pour tenter d'apporter des réponses à cette angoisse existencielle qui taraude bon nombre d'entre vous : Comment différencier à coup sûr un pin's en émail de synthèse d'un pin's en émail grand feu.
Je demande toute votre indulgence pour le vidéaste très amateur que je suis.

 

La technique CORNER


COINDEROUX, puis CORNER-COINDEROUX, et enfin CORNER, sont un même fabricant apparu très tôt dans la sphère pin's. Si l'on fait abstraction des fabricants d'insignes civils et militaires historiques, on peux même affirmer que cette entreprise fut précurseur dans cette industrie.

Bien avant l'explosion du phénomène pin's de la fin des années 80 CORNER-COINDEROUX proposait en librairies spécialisées les premières émanations de ce nouveau média venu des Etats-Unis.
Cette production répertoriée et référencée en catalogue concernait principalement la bande dessinée, le public visé était potentiellement apte à intégrer ce nouveau moyen de communication par l'image.



Corner n 13

COINDEROUX n°13, la marque jaune de E.P.JACOBS



L'état du pin's ci-dessus, datant de 1984, en dit long sur les qualités de vieillissement de ce type de fabrication. La résine époxy est exempte de rayures et a gardé toute sa limpidité malgré toutes les agressions inhérentes à un port prolongé dans le temps.
 

Corner n 269 faceCorner n 269 dos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

CORNER catalogue n°269, la couche époxy est plus fine mais présente les mêmes gages de tenue dans le temps.

Logo corner jaune

 

Les techniques de fabrication mises en œuvre par CORNER-COINDEROUX sont très originales et caractérisent le style si particulier des produits de la marque.
Les matrices profondes et bien cloisonnées sont en cuivre ou en laiton, base idéale pour recevoir un émaillage grand feu. Le clou du pin's est serti au dos de cette matrice avec un petit bossage proéminent. La finition peut adopter la dorure, l'argenture ou même l'anodisation noire.
Mais le détail unique, la touche personnelle de ce fabricant réside dans ce revêtement de finition en résine époxy qui recouvre la face émaillée de la pièce, formant un ménisque protecteur, dur et endurant.

 

Corner n 09 face

 

Corner n 09 dos

COINDEROUX n°6, observez le sertissage du clou.

Les grandes maisons d'édition bandes dessinées comme LE LOMBARD, CASTERMAN, DUPUIS ou DARGAUD ont fait appel à CORNER-COINDEROUX pour décliner quelques séries à succès comme TINTIN, BLAKE & MORTIMER ou Les Schtroumpfs, et même quelques héros de second plan.

 

Corner n 163 face

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Mais cette technique n'a pas été reservé à la bande dessinée, la grande majorité de la production catalogue et publicitaire de ce fabricant est restée fidèle à cet émaillage inclus sous résine époxy si caractéristique.
Un pin's CORNER se reconnait assez facilement par un œil éxercé, ce charmant aspect vieillot séduit l'amateur de bel insigne, c'est un petit morceau d'histoire que cristallisent ces petits objets de culte.


 

Date de dernière mise à jour : 09/08/2015