Le pire

Pire



Le pire

Pire

La peinture



Commençons par une des formes les plus pauvres du pin's : la peinture.
Il s'agit d'une matrice métallique de très faible épaisseur à laquelle on applique une découpe et un emboutissage très léger pour marquer le dessin du sujet. Les cloisonnements peu profonds ainsi obtenus reçoivent des touches de peinture au tampon d'une tenue très incertaine dans le temps.
La matrice en alliage anti-corrosion ne subit aucune dorure ni argenture et reste brute. Le produit fini est très léger, d'épaisseur fine, sans relief et d'une lisibilité souvent sujette à caution. C'est une des fabrications meilleur marché, souvent plébiscitée par les petits budgets publicitaires et malheureusement assortie de très gros tirages.

En voici trois exemples à ne pas retenir sinon pour les éviter.



Na5

Na13


Na6

Sérigraphié sous époxy



Na11
Na9


Autre technique de fabrication aussi indigente que la précédente : la sérigraphie incluse sous résine époxy. Autre option économiquement attrayante pour inonder l'espace de communication.
La matrice en alliage léger à base de zinc, alluminium ou acier doux, est découpée par emboutissage. La forme obtenue reste lisse et fine d'épaisseur pour recevoir une sérigraphie couleur du sujet. Pour préserver une certaine tenue dans le temps le tout est recouvert d'un ménisque de résine époxy translucide.
Cette résine, limpide dans un premier temps, a une tendance fréquente au jaunissement et affiche une grande sensibilité aux rayures. Le clou est collé sur le dos de matrice dans ce type de fabrication, l'épaisseur faible du support n'autorise aucun autre mode de fixation.

Cette technique, comme la précédente, s'inscrit dans une démarche publicitaire économe orientée uniquement sur des opérations de marketing limitées dans le temps. 
 

Na15

Sérigraphié sur support lisse



Na3

Nbr10



On regroupe sous le terme "sérigraphie" divers procédés d'encrages couleurs, impression offset, quadrichromie, tampographie, jet d'encre, etc ... Le pin's a exploité ces techniques sur matrices lisses en résines plastiques, bases métalliques, émail de synthèse et émail grand feu. La précision et la finesse des motifs obtenus permettent dessins et lettrages détaillés sur de très petites surfaces, les polices de caractères et effets graphiques échappent  aux contraintes patentes du pin's cloisonné.
Mais en contrepartie cette option est peu endurante, les dépôts d'encres sont fragiles et sensibles aux agressions mécaniques et chimiques.
Souvent utilisée en technique secondaire pour traiter une partie spécifique d'un pin's faisant appel aux avantages de ce processus.


Nbr9

 

Sérigraphié en matrice creuse



Na26


Cette technique assez sommaire est très éloignée de l'idée originelle de l'objet pin's, le format rectangulaire imposé et l'absence d'émaillage cloisonné sont très réducteurs dans la conception d'une pièce originale et stylée.
Un pin's gadget en quelque sorte.



Ce type de pin's fait appel à un kit de fabrication standardisé comprenant une matrice rectangulaire à coins arrondis destinée à recevoir une image adaptée aux dimensions. La finition est assurée par un vernissage ou un "verre de montre" en résine époxy à emboîter dans la matrice. La partie illustrée peut-être aussi un camée sérigraphié emboîtable comme dans l'exemple ci-dessous.

 

Na17

Le pin's plastique



Comme le pin's est un objet futile et éphèmère dans l'esprit de beaucoup, il ne faut pas se formaliser de la désinvolture affichée par le monde du marketing à l'égard de ce gadget de pure consommation. Cette attitude largement répandue explique la déferlante endémique de pin's vilains et de très mauvaises qualités constatée pendant les années d'hystérie productive de ce petit objet de culte si ardemment convoité et si vite délaissé.
Les faiseurs à grande échelle n'ont pas hésité à avoir recours aux matières les moins nobles pour abaisser les prix de revient de leur marchandise. Parmi ces catastrophes industrielles nuisibles à notre sens esthétique et à l'environnement on a pu relever quelques audaces remarquables faisant appel aux matières plastiques. Le pin's plastique est très moche, plus près du badge qui a sévi dans les 70's. Cet ersatz est tellement pauvre d'aspect que certains ont cru nécessaire de le doter de la parole pour faire oublier ses insuffisances. La chaîne télévisuelle TF1 s'est enorgueillie de l'invasion d'une série de pin's "parlants" assénant des "tout à fait Thierry !" à l'entourage du porteur.  Le reste se passe de commentaires.



Na10Nbr20



Na23

Email à froid



Na29
Na14


Encore une technique de piètre qualité dictée par des impératifs purement économiques, cette production pléthorique ne nous laisse pas un héritage digne d'être collectionné mais plutôt matière à une mise au pilon.



Ce type de fabrication est dénommé "émail à froid" par distinction avec la technique "émail grand feu". Elle se rapproche plus de celle de la "peinture", déjà décrite, que de l'émaillage proprement dit.
La matrice, en zamac ou autre alliage léger, est plus profonde que celle du pin's peint, issue d'un moulage au lieu d'un emboutissage. Cette option donne plus d'épaisseur et de relief à la pièce.
Les cloisements marqués ne recoivent pas d'émaux, ni liquides ni solides, mais une simple peinture en dépot au fond des alvéoles à colorer. Le cloisonnement reste proéminent, les aplats colorés n'affleurent pas et apparaissent en creux. Pas de dorure ni d'argenture de finition, la matrice garde son aspect originel.
 

Na4

Na1


 

Date de dernière mise à jour : 11/06/2015