SAGGAY, pas SAGGAY

 

Le phénomène de société que fut le pin's de 1989 à 1991 a laissé des traces dans les mémoires et certaines vocations marchandes sont nées dans ce contexte consumériste débridé où la passion et la déraison l'emportaient le plus souvent sur le discernement. En marge des grands fabricants institutionnels comme Arthus Bertrand, Démons & Merveilles ou Corner Coinderoux une foultitude de startup opportunistes vit le jour pour fournir cette demande boulimique.
Un véritable commerce parallèle se constitua en peu de temps et, très vite, la multiplication des acteurs conduisit à une dégénérescence de ce marché incontrôlable et incontrôlé. Les grands fabricants furent copiés sans vergogne et sans le moindre soucis de préservation de la qualité.
SAGGAY n'échappa pas à l'inéluctable, en voici un exemple avec un pin's de François THOMAS, qui a la double particularité (chez SAGGAY) d'exister en deux tailles différentes, toutes deux dorées.

 

Copie en zamac et peinture                                                                                                                                                                        

Original SAGGAY émail grand feu et finition dorure

 


Ce comparatif permet de bien mettre en évidence les différences entre deux techniques de fabrication radicalement opposées en termes de qualité et par conséquent de prix de revient.
La copie n'est qu'un emboutissage de zamac brut dont les creux sont remplis à la hâte d'une simple peinture dont on peut remarquer quelques coulures ( rouges ). La surface du pin's présente tous les reliefs de la matrice dont les alvéoles ne sont pas comblées.
La version originale en émail grand feu utilise une matrice cuivre ou laiton, les émaux en poudre sont disposés dans les alvéoles pour une cuisson vers 800°C, à la sortie du four la pièce fait l'objet d'une double finition. Par polissage d'abord, pour aplanir et régulariser la surface de l'émail, l'émail poli doit affleurer les cloisonnements, aucune aspérité de doit subsister à la fin de ce traitement, il est ensuite doré ou anodisé par procédé électrolytique pour l'aspect final.
L'émail grand feu est très dur, il ne craint pas les rayures, mais il est sensible aux chocs et à la température, il est cassant et peut s'altérer par des éclats, cependant c'est la qualité de fabrication la plus endurante dans le temps. Les épinglettes très anciennes en font la démonstration.

Authentifier un SAGGAY en main n'est pas difficile étant donné les spécificités de la marque et la pauvreté des copies, c'est en revanche un peu plus alléatoire à partir de photos de mauvaises qualités.
Parmi les SAGGAY les plus copiés on trouvera Hugo Pratt bien sûr, les faux Corto Maltese sont légions, il est prudent d'être vigilant lors des ventes par photos interposées.

 


 

Date de dernière mise à jour : 17/07/2016